Historique et buts

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Buts de l’Association canadienne de traductologie

Les buts de l’Association sont:

  1. de promouvoir la recherche dans les domaines de la traduction, de la rédaction, de la terminologie et de l’interprétation;
  2. d’offrir un cadre pour la discussion de questions touchant l’enseignement de ces disciplines;
  3. de diffuser dans les milieux intéressés les recherches et expériences de ses membres et d’autres chercheurs ou pédagogues.

Historique de l’Association canadienne de traductologie

compilé par Jean Delisle

L’idée de la création d’une société savante en traduction a émergé des discussions d’un comité tripartite, le « Comité consultatif de la profession », qui se composait de représentants des écoles de traduction, de la profession et des employeurs. L’ACET ayant décidé de rester une association d’écoles de traduction, il a fallu fonder une association distincte vouée à la recherche. Au cours de 1985-1986, Judith Woodsworth, alors présidente de l’ACET, a consulté Viviane Launay de la Fédération canadienne des études humaines (FCEH) sur les modalités de création d’une société savante et préparé le document qui a été présenté à l’ACET à cette fin. Un nouveau comité s’attela alors à la rédaction des statuts de la future association. L’assemblée de fondation, présidée par Marthe Catry-Verron et à laquelle ont participé une vingtaine de personnes, a eu lieu à l’Université McMaster en 1987, lors du congrès des Sociétés savantes. Dans le tout premier numéro du Bulletin de l’ACT, paru à l’automne de 1987, Judith Woodsworth décrit en détail les motifs de la fondation de l’ACT, sa genèse en quelque sorte. Son texte, que nous reproduisons ici, est suivi du procès-verbal de la réunion de fondation.

La traduction constitue une activité importante dans notre pays : c’est un métier exercé par quelques milliers de professionnels et une discipline enseignée dans un certain nombre de nos universités. La traduction fait aussi l’objet d’études de plus en plus nombreuses qui l’abordent de divers points de vue : un nouveau champ de connaissance est en voie de constitution depuis quelques années, que l’on avait coutume d’appeler « théorie de la traduction » et que l’on désigne aujourd’hui assez communément du néologisme « traductologie » en français et en anglais de l’expression « translation studies ».

Des obstacles existent, malheureusement, qui empêchent cette nouvelle discipline de s’épanouir. Jusqu’à présent, le phénomène de la traduction a, à juste titre, été étudié dans des optiques différentes : c’est en effet un champ interdisciplinaire où les théoriciens de la traduction ont beaucoup à apprendre de la littérature, de la linguistique, de la sociologie et des autres sciences humaines. Or, cette approche interdisciplinaire (ou encore multidisciplinaire ou pluridisciplinaire) s’est révélée un obstacle à la reconnaissance de la discipline proprement dite, même si cette dernière mérite d’être étudiée de façon autonome et comme phénomène distinct.

C’est aussi le moment de resserrer les liens entre la théorie et la pratique : il faudrait que les praticiens participent à la réflexion sur la traduction et que les théoriciens, de leur côté, tiennent compte de la pratique de façon à réduire l’écart qui risque de se creuser entre pratique et théorie. Les professeurs de traduction auraient également tout intérêt à tenir compte davantage des conditions actuelles d’exercice de la profession dans l’élaboration de méthodes et de matériels pédagogiques.

Antoine Berman, dans son ouvrage récent, L’épreuve de l’étranger (1984), commente le changement de statut que la traduction connaît actuellement :

[ … ] la traduction, écrit-il, est demeurée une activité souterraine, cachée parce qu’elle ne s’énonçait pas elle-même. Elle est restée largement « impensée » comme telle, parce que ceux qui en traitaient avaient tendance à l’assimiler à autre chose, à de la (sous-) littérature, à de la (sous-)critique, à de la linguistique appliquée [ … ].

Notre siècle a vu cette situation changer, et un vaste corpus de textes de traducteurs se constituer. Plus encore la réflexion sur la traduction est devenue une nécessité interne de la traduction elle-même […] Cette réflexion ne présente pas forcément le visage d’une « théorie » […] mais, dans tous les cas, elle indique la volonté de la traduction de devenir une pratique autonome, pouvant se définir et se situer elle-même, et par conséquent se communiquer, se partager et s’enseigner.
L’idée d’une société savante en traduction, qui permettrait des échanges sur la traduction entre professeurs, chercheurs et praticiens, est née des efforts de l’Association canadienne des écoles de traduction (ACET), dont l’actuelle présidente est Christine Klein-lataud, pour établir une collaboration plus étroite entre le milieu universitaire et le milieu professionnel. L’initiative est venue, plus précisément, d’un petit comité, le Comité consultatif de la profession, composé de représentants des écoles de traduction, des associations professionnelles et des employeurs les plus importants. Au sein de ce comité s’est imposée la nécessité d’un organisme ayant des objectifs plus larges et ouvert à un public plus étendu que les associations existantes.

Les occasions de débattre de la traduction ne manquent certes pas. Les associations professionnelles, comme la Société des traducteurs du Québec (STQ), l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario (ATIO) et, plus récemment, le Conseil des traducteurs et interprètes du Canada (CTIC), organisme national regroupant les associations provinciales, ont organisé des colloques où les universitaires ont pu collaborer avec les praticiens. Pendant ces réunions, pourtant, l’accent a souvent été mis sur des questions exclusivement d’ordre professionnel, par exemple les stages, les nouvelles technologies, les méthodologies de la traduction, de la terminologie, etc.

Les sociétés savantes existantes, que ce soient l’Association canadienne de littérature comparée, l’Association des professeurs de français des universités et collèges canadiens (APFUCC), l’Association canadienne de linguistique appliquée (ACLA), ont parfois tenu des ateliers – et même des ateliers conjoints – sur les aspects plus théoriques de la traduction En général, les praticiens ne participaient pas à ces réunions, à moins d’être aussi universitaires.

En outre des problèmes pratiques se posent. Les réunions annuelles de la STQ et de l’ACLA se tiennent au Québec – et pas toujours dans la même ville – à la même époque que le congrès annuel des sociétés savantes, qui a lieu chaque année dans une région différente. Ceux qui œuvrent dans le domaine de la traduction sont donc dispersés : ils présentent des communications sur la traduction dans des sociétés différentes, dans des congrès différents, parfois dans des villes assez éloignées les unes des autres.

La création d’une association unique qui puisse regrouper ceux qui s’intéressent à la traduction et répondre à leurs besoins est devenue une nécessité : elle s’adresse non seulement à ceux qui enseignent la traduction dans les écoles de traduction reconnues, mais aussi à ceux qui font des recherches dans les domaines de la littérature comparée ou de la littérature canadienne ou québécoise, par exemple, où s’impose la compréhension du phénomène de la traduction. Il nous semble particulièrement souhaitable qu’une telle association soit ouverte aux membres de la profession qui réfléchissent sur la pratique, en réalisant des recherches, en publiant sur la traduction ou en enseignant cette discipline L’ouverture à tous ceux qui travaillent en traduction est le reflet de la nature pluridisciplinaire de la traductologie et, en même temps, l’expression d’une volonté de la faire reconnaître comme champ d’études autonome.
La réunion constituante de l’Association canadienne de traductologie (ACT) / Canadian Association for Translation Studies (CATS) a eu lieu à Hamilton, dans le cadre du congrès des Sociétés savantes, le 29 mai 1987. Une vingtaine de personnes, membres de différentes universités, de différents services de traduction et représentant toute une gamme de disciplines, (études françaises, études anglaises, langues modernes, littérature comparée, linguistique, etc.) ont assisté à cette première réunion, présidée par Marthe Catry-Verron, professeure de traduction à l’Université Concordia et membre de l’ACET. Nous avons proposé et voté la fondation de l’ACT, et un projet de statuts a été discuté avec la Directrice générale de la Fédération canadienne des études humaines, Viviane Launay. Un bureau a été élu et l’assemblée a débattu de la possibilité de tenir un colloque sur la traduction à Windsor l’année suivante. Cette première assemblée s’est déroulée dans l’optimisme et l’enthousiasme, ce qui augure bien de l’avenir de la nouvelle association. […]

La présidente,

Judith WOODSWORTH


Procès-verbal
de la réunion de fondation de
l’Association canadienne de traductologie
Canadian Association for Translation Studies

La réunion de fondation a été convoquée pour le vendredi 29 mai 1987, à midi, salle 1002, Chester New Hall, de l’Université McMaster, Hamilton (Ontario), où se tenait le congrès annuel des Sociétés savantes.

La présidente de séance, Marthe Catry-Verron (Concordia) déclare la séance ouverte à 12 h 15.

ORDRE DU JOUR

Création de l’association

Examen des statuts

Élection du bureau

Date du prochain congrès

Divers

EXAMEN DES STATUTS

L’ordre du jour est adopté. Le texte des statuts provisoires est distribué aux assistants. Il avait aussi été envoyé au préalable par le Comité provisoire, en même temps que la convocation à la réunion de fondation, aux professeurs des écoles membres de l’ACET/CAST (Association canadienne des écoles de traduction/Canadian Association of Schools of Translation) et à d’autres personnes s’intéressant au projet.

Marthe Catry-Verron fait lecture des statuts provisoires. Puis Viviane Launay, représentant la Fédération canadienne des études humaines, les discute en détail et propose des précisions et des modifications importantes pour l’avenir de l’association.

Pendant la discussion qui suit, il est entendu que la tâche d’amender les statuts à la lumière des indications mentionnées revient aux membres du Bureau provisoire de l’Association.

MISE EN CANDIDATURE ET ÉLECTION DU BUREAU PROVISOIRE

Présidente : Judith Woodsworth (Concordia)

Vice-président : Jean-Marc Gouanvic (UQTR)

Secrétaire-trésorier : Gilles Bélanger (Montréal)

Coordonnateurs :

Lise Dubois (Moncton) – Est

Brian Rainey (Régina) – Ouest

DIVERS

Il est recommandé de constituer un réseau de communication avec d’autres associations, et les noms de certains collègues sont mentionnés à cet effet.

Le principe d’un congrès annuel dans le cadre des Sociétés savantes est adopté, et on discute de thèmes possibles et d’un programme pour le congrès des Sociétés savantes de 1988.

CRÉATION DE L’ASSOCIATION

La fondation de la nouvelle association est proposée par Pierre Gobin (Queen’s), appuyé par Josef Schmidt (McGill). La proposition est adoptée l’unanimité par les 21 personnes assistant à la réunion.

NOM DE LA NOUVELLE ASSOCIATION

Après discussion, Jean-Marc Gouanvic (UQTR), appuyé par Gilles Bélanger (Montréal), propose le nom de la nouvelle association :

Association canadienne de traductologie (ACT)

Canadian Association for Translation Studies (CATS). Adopté

À 13 h 45, Christine Klein-Lataud (Glendon), appuyée par P. Gobin (Queen’s), propose que la séance soit levée. Adopté

Toutes les propositions de thèmes, d’amendements des statuts, etc. doivent parvenir à la présidente dès que possible.

Françoise ARBUCKLE,

Secrétaire de séance


Présidence

1987-1991       Judith WOODSWORTH (Concordia)

1991-1993       Jean DELISLE (Ottawa)

1993-1995       Candice SÉGUINOT (York)

1995-1999       Agnès WHITFIELD (York)

1999-2001       Paul ST-PIERRE (Montréal)

2001-2003       Denise MERKLE (Moncton)

2003-2006       Clara FOZ (Ottawa)

2006-2010       Georges BASTIN (Montréal)

2010-2013        Marco FIOLA (Ryerson)

2013-2016        Patricia GODBOUT (Sherbrooke)

2016-2018   Philippe CAIGNON (Concordia)

2018-présent Christine YORK (Concordia)


Thèmes des Congrès annuels

I 1988 (Windsor) La traduction et son public
II 1989 (Québec) La traduction et son médium
III 1990 (Victoria)
  1. La traduction des textes sacrés
  2. Terminologie et industries de la langue : vers une réflexion pluridisciplinaire
  3. Traduire la théorie
  4. Apprendre à traduire. Apprendre en traduisant
  5. La traduction dans l’histoire
  6. L’évaluation de la traduction
  7. La traduction sur la sellette
  8. La théorie sur la sellette
  9. Le festin de Babel. La co-présence des langues dans les œuvres et dans les textes
  10. Rédaction et traduction spécialisées
  11. La traduction et la problématique postcoloniale
  12. L’apprentissage de la traduction
  13. Écriture et traduction
  14. La traduction comme exercice philosophique
  15. « Littéracies » et communications : le xxie siècle
  16. Poésie, cognition, traduction
  17. Les collocations, « Des mots qui vont si bien ensemble »
IV 1991 (Kingston)
V 1992 (Charlottetown)
VI 1993 (Ottawa) La traduction des genres et des discours
VII 1994 (Calgary)
VIII 1995 (Montréal)
IX 1996 (St-Catharines)
X 1997 (St-John’s)
XI 1998 (Ottawa)
XII 1999 (Sherbrooke)  1.Traduire pour la société de demain : les enjeux de la formation – Évolution, besoins et innovations

  1. En d’autres mots : relectures, traductions et adaptations de textes littéraires du xxe siècle
XIII 2000 (Edmonton) Cohérence et traduction
XIV 2001 (Québec) Traduction et censure
XV 2002 (Toronto) Traduction et (im)migration
XVI 2003 (Halifax) Traduction et mondialisation
XVII 2004 (Winnipeg) La traduction et l’histoire à venir
XVIII 2005 (London) Éthique et dimension sociale de la traduction
XIX 2006 (Toronto) Traduire les Amériques
XX 2007 (Saskatoon) La formation en traduction : pédagogie, docimologie et technologie
XXI 2008 (Vancouver) Théorie et pratiques de la traduction : l’Orient rencontre l’Occident
XXII 2009 (Ottawa) Traduction et philosophie
XXIII 2010 (Concordia) Méthodologie de la recherche en traductologie
XXIV 2011 (Fredericton) Lectures, relectures et traduction
XXV 2012 (Waterloo) Traduction, textes et média
XXVI 2013 (Victoria) La science en traduction
XXVII 2014 (Brock) Traduction : Territoires, mémoire, histoire
XXVIII 2015 (Ottawa) Traduction littéraire et le Canada
XXIX 2016 (Calgary) Traduction et ethnographie : réflexivité et représentation
XXX 2017 (Ryerson) Traduction et politique(s)
XXXI 2018 (Regina) Translation et adaptation

Prochains congrès :

XXXII 2019 (Vancouver-UBC) Cultures matérielles de la traduction
XXXIII 2020 (Western) Traductions non-soumis et subversion
XXXIV 2021 (undetermined) Translation et journalisme