Personnalité du mois : Georges Bastin

L’Association canadienne de traductologie est fière de démarrer aujourd’hui une nouvelle initiative : les portraits de membres. Cette série, qui sera mensuelle lors de la session d’automne et d’hiver cherche à faciliter les échanges entre membres, en permettant à tout le monde d’en découvrir plus sur des personnes qu’ils connaissent, ou d’élargir leur réseau.

Pour ce premier portrait, nous avons choisi Georges L. Bastin, professeur titulaire à l’Université de Montréal.

Pourquoi avez-vous choisi la traductologie comme domaine?

À vrai dire, je n’ai pas choisi la traductologie, mais bien la traduction. Je voulais devenir traducteur, c’est pourquoi ma combinaison linguistique au Bac, en Belgique, était le français, l’anglais et le néerlandais. Puis j’ai émigré au Venezuela et j’ai goûté aux 8 heures de traduction par jour. Cela a duré trois longues années. Ensuite, je me suis tourné vers l’enseignement et, de fil en aiguille, vers la traductologie pour mieux enseigner. C’est alors que j’ai décidé de faire un doctorat. Ma thèse a porté sur la notion d’adaptation en traduction.

Quels sont vos domaines de recherche?

Mes domaines de recherche sont l’histoire de la traduction et l’enseignement de la traduction, de la rédaction et de la révision. C’est l’histoire qui occupe le plus clair de mon temps. J’en suis à mon 4e projet CRSH. J’ai commencé par étudier les textes fondateurs de l’émancipation au Venezuela. Ensuite je me suis intéressé à la presse indépendantiste, puis aux activités langagières des missionnaires. Je travaille actuellement sur les voyageurs au Venezuela et en Colombie au 19e siècle.

Quel livre/film/groupe de musique vous a marqué ces dernières années?

Le disque You want it darker de Leonard Cohen m’a particulièrement ému. Inutile de dire que le décès de Cohen, l’exposition que lui a consacrée le MAC, la parution du recueil The Flame et très récemment l’hommage que lui rend Postes Canada m’ont profondément touché.
Côté livres, je n’ai guère le temps que de parcourir des ouvrages de traductologie…

Si vous aviez un conseil à donner aux nouveaux étudiants en traductologie, quel serait-il?

Ne pas croire en la pénurie de postes tout en restant réaliste au sujet de ses propres compétences et réalisations.
Suivre sa passion, creuser son sujet et y croire. Surtout ne pas ménager ses efforts.
En ce qui concerne le sujet de doctorat, je dirais ce qu’on m’a dit : une tête d’épingle qu’on enfonce très profondément. Trop tôt pour révolutionner la discipline!